LES FILMS

de nos ciné-concerts

 
UN CHIEN ANDALOU

France, 1929, 16 min, noir et blanc, format 1.33


Réalisation : Luis Buñuel

Scénario : Luis Buñuel et Salvador Dalí
Photo : Albert Duverger
Montage : Luis Buñuel
Production : Luis Buñuel

InterprètesPierre Batcheff (l'homme), Simone Mareuil (la femme)

Non crédités : Luis Buñuel (l'homme au rasoir), Salvador Dalí (un séminariste), Jaume Miravitlles (un séminariste), Marval (un séminariste), Fano Messan (l'hermaphrodite)

 

Sortie en France : 6 juin 1929, première projection au Studio des Ursulines à Paris

Instrumentation : Harpe classique et électrique, Basson, Violoncelle et électronique, Sampler, Epinette

Un Chien Andalou, de Luis Buñuel

1929 - 21min

Résumé

Le film est une succession de scènes ayant pour seuls liens logiques quelques personnages et le décor d'un intérieur parisien qui accueille la plus grande partie de l'histoire. Dans l'ensemble, il s'agit des relations violentes et difficiles entre un homme et une femme dans un appartement. Le fil conducteur serait les tentatives de l'homme poussé par le désir vers la femme, qui, le plus souvent, se défend. Des objets et des personnages inattendus apparaissent et disparaissent, laissant le spectateur libre de leur attribuer une part de réalité, d'imagination, ou de souvenir : objets de l'enfance, fourmis, revolvers, pianos chargés d'ânes morts ; un personnage hermaphrodite qui se fait écraser par une voiture, un double du héros abattu par le héros lui-même, un boiteux passionné, des séminaristes ligotés.

Le récit est disloqué par des changements subits de lieux (un bois, une plage) et par des intertitres indiquant des sauts temporels de plusieurs années en avant ou en arrière. Le film se conclut sur une plage où les deux personnages principaux, l'homme et la femme, paraissent former un couple heureux, avant d'être « au printemps » à la fois ensablés vivants et la proie des insectes.

L'étrangeté de l'ensemble est délibérément onirique, selon le principe surréaliste défini par André Breton dans son Manifeste du surréalisme. Ainsi, dans Un chien andalou, rêve et réalité sont deux instances complémentaires : « Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, la surréalité […] c'est à sa conquête que je vais. »


 
ENTR'ACTE

France, 1924, 23 min, noir et blanc, format 1.33


Réalisation : René Clair

Scénario : René Clair, Francis Picabia 
Photo : Jimmy Berliet
Montage : René Clair 
Production :  Rolf de Maré

Interprètes : Man Ray, Marcel Duchamp (les joueurs d’échec), Inge Frïss (la ballerine), Francis Picabia et Erik Satie (les deux hommes sur les toits de Paris), Jean Börlin (le chasseur au chapeau tyrolien et le prestidigitateur), Georges Auric, Georges Charensol, Marcel Achard, Pierre Scize, Louis Touchagues, Rolf de Maré, Roger Le Bon, Jean Mamy (dans le cortège de l’enterrement)  

 

Sortie en France : 4 décembre 1924 au Théâtre des Champs-Elysées

 

Restauration 4K à L’Immagine Ritrovata par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé en 2018 d’après le négatif image nitrate issu de ses collections et une copie nitrate remise par René Clair à la Fondazione Cineteca Italiana, avec le soutien du CNC – Archives françaises du film.

Instrumentation : Harpe classique et électrique, Basson, Violoncelle et électronique, Sampler

Entr'Acte, de René Clair

1924 - 22min

Résumé

Une danseuse barbue (Inge Frïss). Une partie d’échecs (entre Man Ray et Marcel Duchamp) troublée par un jet d’eau. Un chasseur tyrolien (Jean Börlin) tué par son auteur (Francis Picabia). Un corbillard traîné par un chameau. La chute du prestidigitateur (Jean Börlin) qui escamote tous les personnages avant de s’escamoter lui-même.

Entr'acte est une commande de Rolf de Maré, directeur du Théâtre des Champs-Élysées, conçue pour servir d'intermède entre les deux parties de Relâche, "ballet instantanéiste en deux actes, un entr'acte cinématographique et la queue du chien", écrit par Francis Picabia sur une musique d'Érik Satie, présenté en décembre 1924.

Pas de scénario pour ce court métrage, sinon une lettre de Picabia donnant à René Clair quelques idées de réalisation, que le jeune cinéaste développera dans un découpage largement modifié au cours du tournage.

Cette fantaisie, qui représente les dernières étincelles du dadaïsme, réunit un bel éventail d'une certaine création parisienne du moment, peintres (Man Ray, Marcel Duchamp, Louis Touchagues), musiciens (Georges Auric, Erik Satie, Darius Milhaud), écrivains et critiques (Georges Charensol, Pierre Scize, Marcel Achard - même si, selon quelques historiens, il ne s'agirait que d'un homonyme), danseurs (Jean Börlin), avec Picabia pour orchestrer le tout.

Les séquences s'enchaînent avec l'illogisme de règle chez Dada - on joue aux échecs sur le toit du théâtre, on tire au canon sur les spectateurs, une ballerine barbue est filmée en contre-plongée à travers une plaque de verre, le chameau qui tire un corbillard s'emballe et le cadavre sorti du cercueil est un magicien qui fait disparaître le cortège avant de crever l'écran où s'inscrivait le mot "Fin". C'est un film-farce, une blague à la fois sérieuse et potache, comme les aimait Picabia. « Entr’acte ne croit pas à grand-chose, au plaisir de la vie peut-être ; il croit au plaisir d’inventer. Il ne respecte rien si ce n’est le désir d’éclater de rire, car rire, penser, travailler ont une même valeur et sont indispensables l’un à l’autre… » (Francis Picabia, La Danse, n° spécial sur les Ballets suédois)

Quant à René Clair, il conçoit alors le cinéma comme un art en devenir : « Au nom de quoi jugerez-vous, esprits délicats, le réjouissant chaos d’images qui menace le monde d’une mesure nouvelle ? Patientez. Dans Entr’acte, l’image « détournée de son devoir de signifier » naît « à une existence concrète ». Rien ne me semble plus respectueux de l’avenir du film que ces balbutiements visuels dont il a réglé l’harmonie. » (René Clair, La Danse, art.cit.)

Source : Festival Lumière

 
THE TELL TALE HEART

USA, 1928, 25 min, noir et blanc, format 1.33


Réalisation & scénario : Charles F. Klein

D'après l'oeuvre d'Edgar Allan Poe
Photo : Leo Shamroy
Montage : Charles F. Klein
Production : Maurice Barber K

Interprètes : Otto Matieson (le meurtrier), William Herford (le veil homme), Hans Fuerberg (détective), Charles Darvas (détective)

Instrumentation : Harpe électrique avec pédales d'effets, Violoncelle électroacoustique avec pédales d'effets, Sampler et Basson.

The Tell Tale Heart, de Charles F. Klein

1928 - 25 min

Résumé

The Tell Tale Heart (le coeur révélateur) est un film basé sur une nouvelle du même nom d'Edgar Allan Poe.

 

Le Cœur révélateur est un récit à la première personne dont le narrateur, anonyme, s'efforce de convaincre le lecteur de sa lucidité et de sa rationalité, mais souffre d'un mal qui « a aiguisé [ses] sens ».

Le vieil homme avec lequel il vit a un « œil bleu pâle, avec une taie dessus », un œil de « vautour », qui cause tant de souffrance au narrateur qu'il décide de l'assassiner.

Le narrateur insiste sur la prudence avec laquelle il a commis le meurtre pour montrer qu'il ne peut être fou. Pendant sept nuits, il ouvre la porte de la chambre du vieil homme, action qui lui prend une bonne heure. Toutefois, à chaque fois, l'œil de vautour du vieil homme demeure fermé, ce qui l'empêche « d'accomplir l'œuvre ».

La huitième nuit, le vieil homme se réveille et s'assied sur son lit tandis que le narrateur effectue son rituel nocturne. Plutôt que de reculer, celui-ci décide, au bout d'un moment, d'entrouvrir sa lanterne. Un rai de lumière éclaire précisément l'œil du vieil homme, révélant qu'il est grand ouvert. Percevant alors les battements du cœur du vieil homme, animé par la terreur, il décide de frapper : il saute sur le vieil homme en poussant un hurlement, le jette sur le parquet et renverse le lit sur lui. Puis il dépèce sa victime et dissimule les morceaux sous le plancher.

Toutefois, un voisin, ayant entendu un cri, a alerté la police. Le narrateur invite les trois officiers qui se présentent à sa porte à fouiller, bien convaincu qu'ils ne trouveront rien. Il leur affirme que le vieil homme est en voyage et montre que ses trésors sont toujours à leur place. Sûr de lui, il leur apporte des chaises, et chacun s'assied dans la chambre du vieil homme, juste au-dessus de l'emplacement où le corps a été enfoui.

Alors qu'il se sent de plus en plus à son aise, le narrateur commence à entendre un bruit faible, qui devient de plus en plus fort. Il en arrive à la conclusion que c'est le battement de cœur du vieil homme, sous les planches, plutôt que d'admettre que c'est celui de son propre cœur. Les officiers semblent ne pas avoir remarqué ce bruit. Pourtant, bouleversé par le battement constant du cœur et persuadé que les officiers l'entendent aussi bien que lui, le narrateur finit par avouer le meurtre du vieil homme et leur explique où est dissimulé le cadavre.

 
MENILMONTANT

France, 1926, 42 min, noir et blanc, format 1.33


Réalisation & scénario : Dimitri Kirsanoff
Photo : Léonce Crouan, Dimitri Kirsanoff
Montage : Dimitri Kirsanoff
Production : Dimitri Kirsanoff
 

Interprètes : Nadia Sibirskaïa (la petite sœur), Yolande Beaulieu (la grande sœur), Guy Belmont (le jeune homme), Jean Pasquier (le père), Maurice Ronsard (l’amant)

 

Sortie en France : entre le 22 et le 28 janvier 1926

 

FILM RESTAURÉ Cinémathèque française

Numérisation HD de 2012 menée au laboratoire Omnimago, Allemagne, d'après une copie d'exploitation d'origine de 1960 conservée à la Cinémathèque française.

En 2014, un nouvel étalonnage a permis la fabrication d’un DCP. 

Instrumentation : Harpe classique, harpe électrique et pédales d'effets, Basson et Violoncelle

Ménilmontant, de Dimitri Kirsanoff

1926 - 42min

Résumé

Un couple est sauvagement assassiné. Après le drame, les deux sœurs orphelines (Nadia Sibirskaïa, Yolande Beaulieu) demeurent plus unies que jamais. Devenues de jeunes femmes, elles travaillent désormais à Paris et vivent dans le quartier populaire de Ménilmontant. La cadette est séduite par un jeune homme. Elle tombe enceinte et découvre que son amant entretient également une relation avec sa sœur. Elle s’enfuit. Désespérée et démunie, elle erre dans les rues avec son enfant. En observant le va-et-vient des prostituées, elle reconnaît sa sœur parmi elles.

Avec Ménilmontant, Kirsanoff signe un mélodrame social, traitant de la condition des femmes modestes, de la prostitution, où la trahison de l’être aimé entraîne désarroi et désespoir. Tourné en décors naturels dans Paris et aux studios Éclair d'Epinay, Ménilmontant porte un regard quasi documentaire sur la ville et son agitation de l’époque.

Une des particularités du film est l’absence d’intertitres, car comme l’expliquait Dimitri Kirsanoff à Marcel Lapierre : « On n'explique pas, par des mots, une symphonie. Un film doit être compréhensible par lui-même » (Cinéa- Ciné pour tous, n° 127, 15 février 1929).

Poursuivant la même idée, la mise en scène, réaliste, évite tout effet superflu. Kirsanoff, enfin, excelle ici dans le montage du film, rapide et saccadé, qui deviendra sa marque.


Source : Festival Lumière

Ensemble Ménilmontant - ensemble.menilmontant@gmail.com - Lyon, France

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